Moi au réveil

Je sais pas ce qui est le plus dur. Aller se coucher seule ou se réveiller seule. 

Avec Niall on avait cette sorte de rituel où, à partir du moment où je mettais mon pyjama, c'était l'euphorie totale ; j'attendais qu'il me rejoigne au lit pour qu'on se câline et qu'on rit pour rien, pour que je puisse l'embêter, puis une fois sur deux il s'endormait en m'enlaçant (spoon me I used to ask), ou je dormais sur son dos quand il avait trouvé sa position. 

Au réveil, le weekend surtout, c'était juste être avec lui qui comptait. Il était là. Tout allait bien. J'ai souvent arrêté le temps en cet instant en me disant que j'étais heureuse, il était là, on s'aimait.
Enfin j'y croyais.

Maintenant, c'est l'angoisse. Je ne m'endors pas à moins de visionner des séries et tomber d'épuisement. Tout pour ne pas avoir à penser, et me retrouver seule là les yeux ouvert dans le noir. Je ne dors plus. J'enfile n'importe quoi, un tee-shirt, une culotte, une vieille robe de coton trop courte, machinalement. Je ne dors plus. Je m'effondre. 

Le matin, c'est cette micro seconde qui m'assassine : celle pendant laquelle on ne se rappelle pas encore quand soudain on réalise "ah oui, je suis là, seule. Lonely. Sans but." Et surtout les matins où un cauchemard nous a plombé avant même qu'on est ouvert l'oeil. Il m'a trompé. Ou il ne m'aimait pas. Ou il en aime une autre. Et elle a un enfant. Ce genre de cauchemards là.

Alors, je WhatsApp, je vibe, je FB, je poste, je commente. Je flirte outrageusement avec toute la gente masculine qui m'entoure pour passer le temps, comme distraction. Pour que quelqu'un pense à moi. Pour ne pas me sentir seule dans mon coin. Pour m'occuper l'esprit. Je jongle entre répliques de films et téléphone. Entre charger mon portbale et mettre en charge mon ordinateur. 

Je pensais que j'avais atteint ce stade que je désirais tant : vivre sa solitude en harmonie? Et je me rends compte que non. Oui je suis ravie de n'avoir de compte à rendre à personne, de m'habiller comme bon me chante, de plaire, de me maquiller, d'aller courir, et tout ça pour moi...d'être libre quoi. Mais, aujourd'hui plus que jamais, je voudrais tellement être accompagnée.